Centrafrique – Dans le silence complice du monde on nous assassine aujourd’hui. Mais nous vaincrons demain!

Qui s’en soucie, en dehors de nous ? Presque personne. De ces pogroms en terre centrafricaine. Des morts tous les jours, même dans la capitale. Abattus comme de chiens. Egorgés comme des bêtes. Traqués. Braqués. Chassés. Humiliés. Chaque jour. Tous les jours. Ils nous tuent individuellement. Et ont décidé de nous effacer collectivement de la face du monde !

Nous pouvons compter nos morts dans la capitale. Mais combien d’autres en province, dans le secret et l’indifférence médiatiques organisés ?

J’ai dit « ils ». Je veux dire « les alliés de la conspiration de la mort en Centrafrique ». Ils sont innombrables, auteurs et complices, complices par action et complices par omission. « Ils » n’ont pas le visage d’une organisation, d’une seule. « Ils » avancent en constellation. Le petit exécutant drogué de drogue ou de sang donne la main au chef de bande, le chef de bande gonflé de l’orgueil en putréfaction de ses victimes donne la main au chef de guerre; le chef de guerre ignare et ivre de ses armes et de ses troupes donne la main au chef d’organisation « politico-militaire »; le rompu du duplicité qu’est le chef d’organisation politico-militaire sait pouvoir compter avec la lâcheté des uns et l’impuissance des autres : pouvoirs de transition pléthoriques et débandés, presque 12.000 soldats internationaux en villégiature et en planque, leaders politiques en trouille et en ignobles calculs, élite intellectuelle en vantardises aussi ridicules que faisant le lit du crime.

Mais nous vaincrons. L’intelligence centrafricaine vaincra. Celle de nos mères et pères qui nous ont légué cette terre. Celle de ceux qui ont de tous temps fait la prospérité de cette terre et qui en sont la racine : paysans, éleveurs, artisans, durs à la tâche et compagnons de la terre et de la matière. Quant à « l’intelligentsia », pourvu qu’elle se reconnaisse, dans ses racines qui sont dans la terre et non dans les livres ni dans les vanités ; pourvu qu’elle s’unisse sans mépris pour ses propres origines ; pourvu qu’elle agisse ; mais surtout, pourvu qu’elle ne déserte plus !

J’ai dit : Nous vaincrons !

Jean-François Akandji-Kombé.

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